–“Le domaine visionnaire réunit le spectre entier des espaces imaginaires – de l’enfer au paradis, des formes infinies aux néants amorphes. Le psychologue James Hillman l’appelle le domaine de l’imaginaire. William Blake l’appelle l’imagination divine. Les aborigènes l’appellent le temps des rêves; les Sufis alam al-mithal. Pour Platon, c’est le domaine des archétypes idéaux. Les Tibétains l’appellent sambhogakaya – la dimension de richesse intérieure. Les théosophistes traitent de plans de conscience astraux, mentaux, nirvaniques. Jung le définissait par l’inconscient collectif symbolique. Quel que soit le nom qu’on lui donne, le domaine visionnaire est l’espace que nous visitons lors des rêves et des états de conscience modifiés.” Alex Grey
Vous percevrez en filigrane de ces tableaux ma pratique de la méditation de pleine conscience et de la transe cognitive. Trouvant dans la philosophie du yoga (SAMKHYA) leur synthèse bienveillante : car chacune de ces visions relate une expérience de pensée. J’élabore dans ma recherche infographique une modélisation de l’être, illustrant ainsi le lien corps-esprit. C’est un art ésotérique, car le dessin se fait du dedans…
Je propose un retour aux sources de l’état visionnaire : tourné vers l’intérieur et le rêve, ce continent inexploré porte de la connaissance de soi (Michel Jouvet). Mon dessin se pratique comme un dévoilement, amenant l’ombre de l’ignorance à la lumière de la conscience… J’ offre mon témoignage émerveillé, sous forme de métaphores à méditer !
« Qu’est-ce qui définit l’art visionnaire ? Lorsque le fantastique se fond dans l’imaginaire et lorsque l’imaginaire se fond dans l’imaginable. Et qu’est-ce que l’imaginable ? Et bien, l’imaginable, c’est un monde fictif, mais c’est un monde fictif qui est vécu comme un événement, presque comme une réalité objective : c’est une corporéité. On comprend cela aisément dans le domaine du rêve, quand on fait un rêve très puissant, un rêve-événement ; on a l’impression que le rêve est beaucoup plus vrai que la réalité vécue. Or, ce rêve, ce n’était pas n’importe quel rêve ; c’était une totalité : il avait son monde, sa couleur, ses formes, sa logique, etc. Il avait une corporéité. Et il faut bien concevoir qu’une vision, c’est une corporéité, c’est un tout. Et elle possède effectivement un pouvoir de découverte et d’initiation (…) » Michel Random (1933-2008)